La Science du bâtiment et la méthode scientifique

Nous avons pratiquement tous été introduits à la méthode scientifique dans nos cours de science, au fil de notre parcours scolaire. Plusieurs d’entre nous se sont probablement questionnés sur la pertinence d’apprendre cette notion théorique et encore plus à son applicabilité à notre future vie d’adulte. Ceci est particulièrement vrai pour ceux qui ne comptaient pas poursuivre un parcours de sciences pures! Eh bien, l’article suivant décrit l’une des applications de la méthode scientifique dans le contexte du génie-conseil.

Plusieurs services en Science du bâtiment, tout comme les autres disciplines de sciences appliquées, sont fondés sur la base de la méthode scientifique. Cette logique fondamentale est cependant souvent oubliée, tant par les firmes qui offrent les services que les autres parties prenantes au dossier, ce qui résulte en des conclusions moins qu’optimales pour le
mandat.

Pourtant, l’utilisation de la méthode scientifique devrait permettre d’arriver à des conclusions qui sont objectives et donc mener à des recommandations qui sont foncièrement applicables!

Toutefois, trop souvent, ce n’est pas ce qui arrive dans l’industrie et ce, malgré le fait que la plupart des consultants vous dirons qu’ils connaissent et appliquent la méthode scientifique. Pourquoi les résultats ne sont-ils pas toujours à la hauteur des attentes si tel est bien le cas? C’est qu’en réalité elle n’est souvent pas appliquée.

En effet, plusieurs professionnels se fient que leur parcours scolaire ou leur expérience est suffisante pour leur permettre de poser un diagnostic et résoudre les problèmes. Or, la réalité est que même armé d’une foule de connaissances pertinentes, sans avoir recours à la structure intellectuelle qu’offre la méthode scientifique, il est extrêmement facile (et rapide) de tomber dans des interprétations subjectives qui mènent trop souvent à des erreurs.

Examinons comment la méthode scientifique devrait, à notre avis, être utilisée en Science du bâtiment.

Petit retour sur la méthode scientifique

La méthode scientifique est une démarche structurée de sorte à pouvoir différencier une vérité objective d’une simple opinion. Elle permet donc d’arriver à des conclusions fiables. Le schéma ci-dessous présente l’essentiel de la démarche de la méthode scientifique.

La méthode scientifique et le consultant

La vaste majorité des normes et de la littérature technique en lien avec la Science du bâtiment et l’investigation de pathologies dans les bâtiments est directement fondée sur la méthode scientifique. Sans cette structure, il est facile d’être victime d’idées préconçues ou de passer à côté d’informations qui pourraient avoir un impact crucial sur l’analyse que ferait le consultant.

Nous pourrions produire un schéma qui se base sur la méthode scientifique pour chacun des services qu’offre Envelop 3 . Chacun des schémas serait quelque peu différent selon la variation dans les services, car les étapes du projet peuvent varier, mais ils auraient tous une structure similaire qui pourrait être reliée directement à la méthode scientifique.

Le schéma suivant se fonde donc sur la méthode scientifique, mais il est adapté à l’expertise. Les cases qui sont présentées sont des exemples. Évidemment, les activités et les étapes sont adaptées au projet, mais la démarche est essentiellement la même.

On entend par expertise un service qui vise à déterminer la présence de pathologies dans le bâtiment et d’établir leurs causes de manière objective et impartiale.

L’expertise peut être utilisée dans le cadre d’inspections de routine telles que l’inspection du caractère sécuritaire des façades (loi 122), elle peut être utilisée pour répondre à des plaintes des occupants et offrir des mesures correctives ou même dans le cadre d’études techniques légales où deux parties s’opposent.

On note un parallèle évident entre le schéma de la méthode scientifique et celui de l’expertise. Il s’agit en fait de la même démarche.

Malheureusement, nous avons trop souvent été témoins de cas où l’expertise ne suivait pas la méthode scientifique. Sans surprise, chacun de ces cas devenait problématique, soit en raison de l’inefficacité des recommandations, ou même parce que les recommandations menaient les parties prenantes dans une fausse direction, les poussant inutilement vers l’escalade.

À titre d’exemple, le fait de ne pas avoir recours à la méthode scientifique pourrait résulter en des erreurs de diagnostic, des recommandations mal adaptées aux besoins, des travaux correctifs qui ne perdurent pas, voire un travail qui s’avère entièrement insatisfaisant.

L’idée n’est absolument pas de jeter la pierre à d’autres firmes et encore moins à des compétiteurs que vous pourriez être en train de considérer pour un mandat. Notre motivation est plutôt de stimuler la conversation et de faire en sorte qu’en tant qu’industrie, nous puissions identifier les facteurs influençant négativement notre travail et que nous prenions collectivement action afin de nous améliorer, et par ce fait, mieux protéger les intérêts de notre clientèle et le public de façon générale.

Ce petit rappel de notions fondamentales en lien avec la méthode scientifique peut permettre aux clients de mieux juger du travail d’un consultant. De l’autre côté, ces mêmes notions peuvent aider le consultant à mieux servir son client.